
Anyle Côté (courtoisie PME MTL Centre-Est)
11 mai 2026Anyle Côté prend les rênes de PME MTL Centre-Est avec une vision collective et durable
Nouvellement nommée à la tête de PME MTL Centre-Est, Anyle Côté arrive avec un parcours ancré dans l’économie sociale. Pendant 18 ans, elle a œuvré au Conseil d’économie sociale de l’Île-de-Montréal (CESIM), un réseau regroupant des entreprises collectives et coopératives.
Précédemment, elle s’est engagée dans la coopération internationale et les droits humains, notamment à la Commission canadienne pour l’UNESCO et à Droits et démocratie. Ce fil conducteur — la concertation et la transformation sociale — continue de guider sa vision. « L’économie sociale, pour moi, c’est une façon de regarder le développement et de regarder les enjeux que nous avons tous collectivement », explique-t-elle.
Une vision intégrée du développement économique
Entrée en fonction ce matin (11 mai), Anyle Côté affirme vouloir miser sur des solutions structurantes, capables de soutenir à la fois les entreprises et les milieux de vie. Elle insiste sur la nécessité de penser le développement économique comme un tout cohérent, ancré dans les réalités locales.
« Ce qu’on veut, au fond, c’est créer des milieux de vie où tout ça tient ensemble », dit-elle, évoquant l’interdépendance entre entreprises privées, économie sociale et communautés.
Dans un contexte économique en transformation, elle mise sur la créativité et l’innovation pour accompagner les entreprises. Mais au-delà de la performance économique, elle souhaite intégrer pleinement les dimensions sociales et environnementales dans les projets soutenus.
L’économie sociale comme levier transversal
Pour la nouvelle directrice générale, l’économie sociale ne doit pas être cantonnée à un secteur précis, mais plutôt inspirer l’ensemble des pratiques. Elle y voit une approche transformatrice, fondée sur la collaboration et la réponse aux besoins des communautés. « C’est une façon de travailler collectivement pour répondre à des besoins, les besoins des communautés », souligne-t-elle.
Cette approche implique de travailler étroitement avec les parties prenantes et de coconstruire des solutions adaptées aux réalités du terrain. Elle insiste également sur l’importance de l’accessibilité et du développement de proximité, permettant aux citoyens de vivre, travailler et consommer dans leur milieu.
Des défis persistants pour les entrepreneurs
Parmi les principaux enjeux auxquels font face les entrepreneurs de l’est et du centre de Montréal, Anyle Côté identifie d’entrée de jeu la question de l’abordabilité des locaux commerciaux et industriels. « C’est quand même une problématique qui est présente et ça demeure un enjeu majeur », affirme-t-elle.
Cette pression immobilière affecte autant les entreprises privées que celles de l’économie sociale, menaçant leur capacité à rester ancrées dans leur communauté.
À cela s’ajoute la nécessité constante d’innover dans un contexte de transformation rapide, marqué notamment par l’évolution des habitudes de consommation. « Il faut demeurer innovant et constamment à l’affût de ce contexte-là », insiste-t-elle.
Transition socio-écologique : un passage obligé
La transition vers une économie plus durable constitue un autre enjeu central pour Anyle Côté. Cette dernière estime que les entreprises doivent intégrer cette dimension dans leurs pratiques, non seulement par responsabilité, mais aussi comme levier stratégique. « C’est une occasion et un avantage de se demander comment on peut produire autrement », explique-t-elle.
Elle insiste toutefois sur le fait que cette transition ne peut reposer uniquement sur les épaules des PME. « On a une responsabilité collective », rappelle-t-elle, appelant ainsi à un engagement accru des pouvoirs publics à travers des incitatifs et des cadres réglementaires adaptés.
Dans ce contexte, la future directrice générale voit l’économie sociale comme un outil particulièrement pertinent. « On ne peut pas faire « l’économie de l’économie sociale » dans le contexte actuel », affirme-t-elle, mettant en avant la résilience notamment en période de crise.
Continuité et nouveau souffle
En succédant à Jean François Lalonde, Anyle Côté souhaite d’abord s’inscrire dans la continuité de la mission de PME MTL, qui est axée sur le soutien à des projets collectifs ancrés dans les territoires. « Il y a certainement une vision commune entre nous d’être au service des quartiers », souligne-t-elle.
PME MTL Centre-Est se positionne déjà comme un catalyseur du développement économique local, un rôle que la nouvelle directrice entend consolider. Elle met de l’avant l’importance de la présence sur le terrain et de l’accompagnement de proximité. « C’est ce qui permet aussi qu’il y ait des projets qui émergent en plus d’anticiper les besoins », explique-t-elle.
Elle souhaite renforcer le rôle de l’organisation comme acteur clé du développement local, en misant davantage sur la concertation et la coconstruction avec les communautés.
Parmi les initiatives structurantes, elle mentionne notamment Pallier, des projets d’immobilier collectif visant à contrer la spéculation et à améliorer l’accessibilité des locaux. Selon elle, ces projets pourraient être reproduits ailleurs sur le territoire. Elle évoque également des initiatives de revitalisation commerciale, notamment dans Villeray, rue Saint-Hubert, au nord de Jean-Talon, où des efforts sont déployés pour dynamiser certaines artères.
Une approche axée sur la durabilité et la collaboration
Au cœur de son action, Anyle Côté défend une approche intégrée, concertée et durable. Cela passe par une compréhension fine des besoins du territoire et une mobilisation des acteurs concernés. Cette méthode vise à développer des projets collectifs, durables dans le temps et porteurs pour les communautés. Mme Côté s’appuie également sur des résultats concrets : « 87 % des entreprises soutenues depuis 10 ans sont toujours en activité », souligne-t-elle, illustrant la pérennité des interventions de PME MTL.
À moyen et long terme, Anyle Côté souhaite donc poursuivre et amplifier l’accompagnement des projets structurants dans les quartiers. Elle insiste sur l’importance d’impliquer les parties prenantes et de répondre aux besoins réels des communautés. « Je pense que c’est cette vision-là qu’on doit porter pour nos territoires », conclut-elle.







