Photo : courtoisie / Arrondissement d’Anjou

Anjou célèbre 70 ans d’histoire

En 2026, Anjou souligne sa 70e année d’existence sous le thème « 70 ans de fierté ». Pour l’occasion, l’administration municipale mise sur une approche sobre et conviviale, en intégrant des rappels visuels de l’anniversaire directement dans les lieux et activités fréquentés au quotidien par la population. Une place importante est également accordée à l’histoire du territoire, afin de mettre en lumière l’évolution rapide de cette ville fondée en 1956, aujourd’hui devenue un arrondissement de Montréal.

Différents éléments visuels ont été déployés pour accompagner les célébrations tout au long de l’été. Un logo inspiré des couleurs historiques d’Anjou — le bleu et l’orange — a été conçu spécialement pour l’événement et accompagne désormais les communications estivales de l’arrondissement. Des drapeaux commémoratifs sont également visibles lors des fêtes, des spectacles et des activités organisées dans les parcs, tandis que des oriflammes ont été installées sur le boulevard Louis‑H.-La Fontaine et devant la mairie d’arrondissement. Certaines zones publiques sont aussi décorées pour la saison, ajoutant une touche festive sans modifier la programmation régulière.

Un parcours historique pour revisiter l’évolution du territoire

L’histoire d’Anjou occupe une place centrale dans les célébrations. Un parcours d’archives composé de 30 panneaux de photographies d’époque a été aménagé dans plus d’une vingtaine de lieux publics. Associées, pour la plupart, aux endroits où elles sont exposées, les images présentent des lieux marquants et des scènes de la vie quotidienne qui témoignent des transformations du secteur au fil des décennies.

Les résidents peuvent ainsi revisiter l’évolution d’Anjou depuis sa création en 1956 jusqu’à aujourd’hui. En circulant dans les parcs, les Angevines et Angevins découvrent des photos montrant l’ancien paysage rural, les premiers développements résidentiels, des activités communautaires ou encore des événements populaires qui ont marqué différentes générations. On peut notamment y voir le module de jeu en forme de fusée autrefois installé au parc de Verdelles, le mini‑putt du parc de Talcy, des courses de boîtes à savon ou encore des parades organisées dans les rues de l’ancienne ville.

Panneau montrant une épluchette de blé d’inde en 1979 installé à l’entrée de la place des Angevins du parc Goncourt (photo : courtoisie / Arrondissement d’Anjou)

Pour Andrée Hénault, conseillère de la Ville, ces images permettent de mesurer l’ampleur des changements survenus en quelques décennies : « À chaque fois qu’on en voit une, on se dit : “Ah oui, c’est vrai, mon Dieu, on ne se reconnaît plus.” C’est le plaisir de se rappeler ce qu’était Anjou à ce moment‑là », s’exclame-t-elle.

Course de boîte à savon sur le boulevard des Galeries-d’Anjou, 1981 (photo : courtoisie / Arrondissement d’Anjou)

L’importance du milieu communautaire 

Au‑delà de son développement urbain, Anjou se distingue par la force de son réseau communautaire. Dès les années 1970, plusieurs tables de concertation ont vu le jour : aînés, femmes, petite enfance, jeunesse. Le Service d’aide communautaire Anjou (SAC Anjou), fondé en 1977, a joué un rôle structurant dans la coordination des organismes et dans l’essor de la concertation locale.

Pour Andrée Hénault, cet engagement citoyen demeure un pilier de l’identité angevine : « On a beaucoup de bénévoles à Anjou. On est chanceux. Sans eux, il y a des services qu’on ne serait pas en mesure de donner. » Chaque année, l’arrondissement organise une soirée de reconnaissance qui réunit entre 600 et 650 bénévoles, témoignant de l’importance de cette participation.

Elle rappelle également que les organismes reconnus bénéficient de locaux prêtés par l’arrondissement, une pratique qui contribue à maintenir un réseau actif et accessible. Cette collaboration entre les services municipaux et les organismes permet d’offrir des activités variées, souvent impossibles à déployer uniquement avec les ressources de l’administration.

Un secteur métamorphosé en quelques décennies

Depuis sa fondation en 1956, le paysage d’Anjou s’est transformé à une vitesse remarquable. En l’espace de quelques décennies, le secteur est passé d’une succession de terres agricoles à un arrondissement entièrement urbanisé, marqué par l’essor résidentiel, commercial et industriel de l’après‑guerre.

Stéphane Tessier, interprète en patrimoine, rappelle que cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de modernisation du Québec. Selon lui, Anjou reflète les changements sociaux de cette période : « Anjou est à l’image des retombées de la Révolution tranquille. Le Canadien français, autrefois locataire, devient propriétaire. » L’accès à la propriété, rendu possible par la croissance économique et par la construction de nouvelles infrastructures routières, a favorisé l’établissement rapide de jeunes familles sur le territoire.

L’arrivée des autoroutes métropolitaine et 25 a joué un rôle déterminant dans cette transformation. Ces axes ont permis de relier le secteur au reste de l’île et ont encouragé l’implantation de commerces, d’industries et de nouveaux quartiers résidentiels. Les Galeries d’Anjou, inaugurées dans les années 1960, illustrent bien cette dynamique : le centre commercial est devenu un pôle majeur de l’est de Montréal, attirant autant les résidents que les visiteurs.

Stéphane Tessier souligne également l’importance du bungalow dans l’identité architecturale du secteur. « Le bungalow, c’est un symbole de la prise de possession du sol », explique‑t‑il. Ce type d’habitation, très répandu dans les banlieues québécoises, témoigne d’une époque où les contracteurs achetaient des terrains pour y construire des maisons modèles accessibles à la classe moyenne. En quelques années, les anciennes terres agricoles ont ainsi été remplacées par des rues résidentielles, des parcs et des équipements municipaux.

Aujourd’hui, une nouvelle phase de transformation s’amorce. L’arrivée prochaine de la ligne bleue du métro entraînera des changements importants autour des futures stations. Comme le souligne Andrée Hénault, conseillère de la Ville, « il y a beaucoup de développement qui se fait actuellement tout autour de l’endroit où seront les entrées et sorties du métro.» L’implantation du métro devrait attirer de nouvelles familles, favoriser l’établissement de commerces et redessiner certains secteurs de l’arrondissement.

Après 70 ans d’évolution rapide, Anjou continue donc de se transformer. Les prochaines années s’annoncent marquées par de nouveaux projets et par une reconfiguration du territoire, dans la continuité de l’histoire d’un arrondissement qui n’a cessé de changer depuis sa création.


Pour en apprendre plus sur les lieux communautaires d’Anjou qui ont façonné l’histoire de l’arrondissement:

Balado concernant l’histoire des lieux communautaires de l’arrondissement d’Anjou


Événements phares de la programmation estivale d’Anjou:

Marie-Élaine Thibert (Parlez-moi d’elle)
* Date : Mercredi 15 juillet 2026
* Heure : Dès 19 h 30
* Lieu : Parc Goncourt (situé sur l’avenue de Goncourt, entre les rues de la Loire et de Chambord)

Anyma Ora’ (Électro-pop)
* Date : Mercredi 22 juillet 2026
* Heure : Dès 19 h 30
* Lieu : Parc Goncourt

L’Élan des cordes (Orchestre classique de Montréal)
* Date : Mercredi 5 août 2026
* Heure : Dès 19 h 30
* Lieu : Parc Lucie-Bruneau (7051, avenue de l’Alsace)

Ciné-piano avec Roman Zavada
* Date : Vendredi 7 août 2026
* Heure : Dès 20 h 00
* Lieu : Parc d’Antioche (situé sur l’avenue d’Antioche, entre les rues d’Amalfi et d’Avignon)

Fête de quartier – Au rythme du Brésil !
* Date : Mercredi 12 août 2026
* Heure : De 17 h 30 à 21 h 00
* Lieu : Parc Lucie-Bruneau (7051, avenue de l’Alsace)

Pour plus de détails concernant la programmation: Programmation culturelle estivale à Anjou