Le 3737, rue Sherbrooke Est, est vacant depuis 2019 (Emmanuel Delacour/EMM)

L’ancien siège social de la CSDM demeurera vide jusqu’à nouvel ordre

Un bâtiment appartenant au Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) vacant depuis près de six ans tarde à être remis à neuf. Un projet de pôle de formation professionnelle y est prévu, mais se fait toujours attendre.

Depuis 2019, l’édifice de l’ancien siège social de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), aujourd’hui le CSSDM, est vide. Et les difficultés pour trouver un usage à l’immeuble situé au 3737, rue Sherbrooke Est, ne datent pas d’hier.

En effet, en 2017, La Presse rapportait que la vétusté du bâtiment était tellement avancée qu’il était nécessaire de relocaliser les employés qui travaillaient alors au siège social de la CSDM. Des problèmes de moisissure et d’infiltration d’eau seraient présents dans l’édifice et, selon un article de Radio-Canada datant de 2022, il en coûterait environ 100 M $ pour rénover la bâtisse.

Malgré la taille importante d’un tel chantier, le CSSDM souhaite depuis plusieurs années y déménager son École des Métiers des Faubourgs. Cet établissement de formation professionnelle spécialisé en mode, santé et beauté est actuellement localisé à l’école Champlain et à l’école Pierre-Dupuy, toutes deux situées dans le quartier Centre-Sud.

En « analyse jusqu’en 2029 »

Or, selon la plus récente version du Plan triennal de répartition et de destination des immeubles (PTRDI) du CSSDM, publiée à la fin du mois de juin, l’édifice de l’ancien siège social demeurera un « espace excédentaire vacant » jusqu’en 2029.

De plus, les informations concernant l’École des Métiers des Faubourgs disponibles dans le même document révèlent qu’une demande visant la construction d’une nouvelle école de formation professionnelle a été transmise au ministère de l’Éducation à l’automne 2024. Toutefois, ce projet pourrait être en analyse jusqu’en 2028 selon le PTRDI.

Contacté à ce sujet, le CSSDM a confirmé par courriel à EST MÉDIA Montréal avoir déposé au PQI (Plan québécois des infrastructures) 2025-2035 du gouvernement provincial le projet de pôle FP (formation professionnelle).

Effectivement, sur son site internet, le CSSDM inclut le pôle FP dans sa liste des plus récents projets pour lesquels il a demandé du financement au ministère de l’Éducation, dans le cadre du PQI 2025-2035. Ces demandes ont été déposées à l’automne 2024 et les réponses sont attendues à l’été 2025. Le projet n’avait pas été retenu par le gouvernement au PQI 2024-2034.

Cependant, lorsqu’il a été appelé à fournir davantage d’informations à ce sujet, notamment sur l’état du 3737, rue Sherbrooke Est, ainsi que sur les éventuels coûts liés à la réalisation de son pôle FP, le CSSDM a indiqué vouloir « limiter ses commentaires à ce stade-ci » en attendant les résultats de l’analyse du ministère de l’Éducation.

Du logement social?

Face à cette attente, un organisme de protection des droits des locataires du quartier Rosemont demande plutôt qu’on reconvertisse le site en logements sociaux et en équipements communautaires.

« Nous avons toujours revendiqué le terrain à cet effet et nous le revendiquons toujours. (…) Nous avons relancé le CSSDM dans les dernières années pour que l’édifice ne tombe pas entre les mains du privé », explique en entrevue Arnaud Duplessis-Lalonde, organisateur communautaire au Comité logement Rosemont.

Selon ce dernier, le projet de pôle de formation professionnelle n’est pas mauvais en soi, mais, considérant les coupes en éducations annoncées par le gouvernement du Québec, un doute plane sur la possibilité de sa réalisation. « On pourrait aussi entrevoir un projet combiné, où le site serait partagé pour accueillir des bâtiments en éducation et du logement social », insiste M. Duplessis-Lalonde.

D’ailleurs, le Comité logement a fait circuler une pétition demandant la construction de logements sociaux au 3737, rue Sherbrooke Est, en versions papier et électronique, qui a récolté 5000 signatures et obtenu les appuis de 71 groupes, organismes, syndicats, associations et élus. La pétition et les lettres d’appui ont été déposées à l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à la Ville de Montréal, au Centre de services scolaire de Montréal ainsi qu’au bureau du député Vincent Marissal, qui les a présentées au ministre de l’Éducation et à l’Assemblée nationale.

« Nous considérons que, vu le manque criant de logements sociaux et les importants besoins en infrastructures pour nos communautés, il est inacceptable de laisser ce bâtiment vacant. En cas de mise en vente par la Société québécoise des infrastructures, nous demandons que le terrain soit mis en réserve pour permettre un redéveloppement par et pour la communauté rosemontoise », conclut dans un courriel M. Duplessis-Lalonde.