
Photo tirée du site Web de Montréal-Est
24 avril 2026AIM à Montréal-Est : le torchon brûle avec l’administration municipale
Le feu qui s’est déclaré hier matin dans la cour de l’entreprise American Iron & Metal (AIM), heureusement sans conséquence grave, a fait surchauffer les tensions chez les élu.es de l’est de Montréal, dont plusieurs ont vivement dénoncé les impacts nocifs des activités de l’entreprise sur l’environnement.
Rappelons que l’incendie, selon la direction de l’entreprise, aurait été causé par une pile de vélo électrique pour ensuite enflammer un amas de ferraille, causant un important panache de fumée et mobilisant une cinquantaine de pompiers dans le secteur de Montréal-Est.
Curieux hasard, la Ville de Montréal avait choisi la journée d’hier pour signifier par lettre qu’elle révoquait le permis d’exploitation de AIM. Par voie de communiqué, l’administration Martinez Ferrada a déclaré que malgré des demandes répétées de mise aux normes faites par la Ville depuis des années « des dépassements récurrents de particules et de métaux continuent d’être mesurés à la limite de propriété du site de l’entreprise. »
Selon des données du Service de l’environnement de la Ville de Montréal, AIM aurait notamment généré depuis le début des années 2000 plus de 200 plaintes pour émissions de particules/fumées; 45 lettres-avis depuis 2020; et 23 constats d’infraction au Règlement 2001-10 (contestés par l’entreprise) depuis le début des années 2010. Certains résultats d’échantillonnage d’air ambiant effectués ces deux dernières années ont par ailleurs démontré d’importants dépassements des valeurs limites applicables quant aux BPC (jusqu’à 30 fois).
Selon la mairesse de Montréal-Est, Anne St-Laurent, l’entreprise aurait à compter d’hier 30 jours pour trouver des solutions et se conformer à la réglementation environnementale de l’Agglomération de Montréal (Montréal-Est étant une ville liée, elle contribue financièrement à certains services communs avec la Ville de Montréal, dont celui de l’Environnement).
Peu de collaboration
« C’est le deuxième feu en 4 ou 5 semaines chez AIM, moi ça m’inquiète énormément », a déclaré Anne St-Laurent en entrevue avec EST MÉDIA Montréal hier.

Anne St-Laurent, mairesse de la Ville de Montréal-Est (courtoisie)
Depuis deux ans, son administration aurait reçu de nombreuses communications de la part du Service de l’environnement de la Ville de Montréal quant à des émanations contaminantes de BPC, d’arsenic et de poussière fine provenant des activités d’AIM. « L’entreprise se défend toujours en disant que les normes à Montréal sont trop difficiles à respecter comparativement à d’autres sites dans le monde (NDLR : AIM, entreprise québécoise, exploite 130 sites dans différents pays et emploie plus de 3 200 personnes). Mais c’est normal que Montréal impose des limites plus strictes, parce le site est dans une zone de densité importante de population. Si une entreprise comme l’affinerie CCR, aussi à Montréal-Est, est capable de se conformer à la réglementation en mettant en place la technologie et les outils nécessaires, AIM n’a pas de raison d’en faire autant, et nous comme administration municipale nous n’avons pas de raison d’exiger moins », affirme Anne St-Laurent.
Selon la mairesse, il n’y aurait actuellement pas d’autre entreprise qu’AIM qui ferait l’objet d’avis semblables de la part du Service de l’environnement sur le territoire de Montréal-Est (émanations importantes de BPC, d’arsenic et poussière fine).







