(Courtoisie de La Nuit la plus froide de l’année)

Action Secours Vie d’Espoir : un OBNL sur tous les fronts dans l’Est

Depuis plus de trois décennies, Action Secours Vie d’Espoir est un pilier de solidarité dans l’est de Montréal. Porté par une mission claire et profondément humaine, l’organisme ne cesse d’adapter ses actions pour répondre aux besoins grandissants de la communauté et de multiplier les partenariats avec d’autres organismes de l’est de Montréal. À sa tête, le directeur général, Peter Batos, incarne cette volonté d’agir concrètement, avec cœur et détermination. Rencontre avec un organisme engagé sur tous les fronts, qui transforme l’entraide en véritable moteur d’espoir.

Étant le seul organisme entièrement dédié à l’aide alimentaire sur le territoire de Pointe-aux-Trembles (PAT) et de Montréal-Est, et devenu un pilier communautaire dans l’Est, l’organisme poursuit aujourd’hui son développement et participe à des initiatives afin de répondre aux besoins d’une population en constante évolution. Cet hiver, l’organisme à but non lucratif (OBNL) sera porteur de la première édition de la marche de levée de fonds La Nuit la plus froide de l’année pour tout l’est de Montréal, une marche qui récolte des fonds pour les personnes en situation de précarité ou d’itinérance.

« Notre mission est assez claire : c’est de donner de l’espoir là où il n’y en a pas », résume Peter Batos, directeur général d’Action Secours Vie d’Espoir. Et cet espoir se traduit chaque jour par des actions concrètes qui font une différence là où les gens en ont besoin.

L’organisme, qui a pignon sur rue à Montréal-Est, s’implique à plusieurs niveaux dans divers programmes. En premier lieu, il s’agit d’un comptoir alimentaire qui distribue environ 250 paniers de denrées chaque semaine. Particulièrement en demande, ce service a « une liste d’attente qui n’en finit plus de grossir », insiste M. Batos, preuve qu’Action Secours Vie d’Espoir est devenu un acteur incontournable de la sécurité alimentaire dans l’est de la métropole.

De plus, l’OBNL étend son aide alimentaire dans un programme de distribution des petits-déjeuners dans cinq écoles primaires et deux écoles secondaires de PAT. Chaque semaine, Action Secours Vie d’Espoir offre 1 485 petits-déjeuners dans les établissements scolaires du secteur, contribuant directement à la réussite et au bien-être des jeunes.

Toujours auprès des familles, l’organisme est aussi partenaire du Regroupement Partage dans le cadre de son programme Opération Sac-à-Dos qui, à chaque rentrée scolaire, remet lors d’un événement festif aux enfants de familles vulnérables des sacs-à-dos ainsi que des fournitures scolaires pour débuter l’année du bon pied.

L’OBNL est aussi bénéficiaire des Jardins Collectifs de Montréal-Est et distribue annuellement environ 2 t de fruits et légumes récoltés dans ses paniers alimentaires et au travers de ses activités de cuisine collective. Une initiative qui favorise l’autonomie alimentaire, les saines habitudes de vie et la participation citoyenne.

Enfin, un partenariat avec le Marché public de PAT en 2025 a permis d’offrir à des familles du secteur des coupons nourriciers qui sont échangeables dans les kiosques de fruits et légumes lors des jours de marché. Une excellente façon de stimuler l’économie locale d’une pierre trois coups.

L’après-pandémie et les besoins croissants

Au lendemain de la pandémie, plusieurs organismes communautaires ont connu une forte hausse de la demande en aide alimentaire à Montréal. Le directeur général d’Action Secours Vie d’Espoir constate la même tendance sur son territoire depuis les six dernières années. Face à ces défis, l’organisme a choisi d’investir dans son développement afin d’augmenter durablement sa capacité d’intervention.

En effet, les budgets des familles de l’Est sont de plus en plus serrés, entre autres en raison de « la crise hypothécaire », avec les paiements sur les résidences et les loyers qui ont monté en flèche, remarque M. Batos.

Peter Batos, directeur général d’Action Secours Vie d’Espoir (Courtoisie)

« La pandémie a vraiment été quelque chose qu’on n’avait jamais vu, les demandes ont été exponentielles. Cependant, en revenant de la pandémie, c’est là qu’on a été en mesure de prendre des actions concrètes quand on parle d’agrandissement », souligne-t-il.

L’OBNL a ainsi réalisé plusieurs investissements majeurs pour répondre à la demande, notamment en agrandissant l’édifice où il loge, en rénovant ses cuisines et en se procurant un nouveau véhicule pour la distribution alimentaire auprès des aînés et des personnes handicapées. Ces améliorations structurantes permettent aujourd’hui d’élargir la capacité d’intervention et d’envisager de nouveaux projets au service de la population.

« La crise hypothécaire est venue changer le visage de la pauvreté il y a environ deux ans. Désormais, on ne peut plus se baser sur les critères d’admissibilité de seuil de pauvreté qui étaient la norme avant. On a des familles qui ont des emplois qui n’arrivent plus, leur hypothèque a grimpé et l’épicerie coûte trop cher. On est rendu avec des papas et des mamans qui viennent nous voir pour demander de l’aide parce qu’ils n’arrivent plus », explique M. Batos.

Afin de mieux répondre à la demande toujours plus forte, Action Secours Vie d’Espoir s’est également procuré un nouveau réfrigérateur et un congélateur de type « walk-in », un investissement stratégique qui ouvre la porte à davantage de récupération alimentaire et à des partenariats accrus avec des entreprises et donateurs du milieu.

Devant cette nouvelle réalité, l’organisme adapte continuellement ses pratiques afin de demeurer accessible, humain et innovant.

La Nuit la plus froide de l’année

En outre, un nouveau phénomène fait surface dans les quartiers de l’est de Montréal : l’itinérance cachée. Au-delà des enjeux visibles dans les lieux publics, plusieurs personnes de Montréal-Est et de PAT vivent dans des conditions extrêmement précaires parce qu’elles n’ont pas de domicile fixe.

« L’itinérance cachée, c’est de dormir dans son auto ou sur le sofa d’un ami. Ça fait en sorte qu’on n’a plus accès à plusieurs ressources », illustre M. Batos. Le phénomène prend de plus en plus d’ampleur sur le territoire desservi par Action Secours Vie d’Espoir.

« C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on s’associe à l’organisme Prévention Pointe-de-l’Île, afin de leur remettre la moitié des bénéfices de la marche La Nuit la plus froide de l’année », affirme le directeur général.

Cet événement, qui se tient annuellement au Canada depuis 2011, a pour objectif d’amasser des fonds en organisant des marches à travers plus de 220 villes au pays au bénéfice des personnes qui vivent dans la rue.

La prochaine édition se tiendra le samedi 28 février de 16 h à 19 h, et Action Secours Vie d’Espoir sera porteur de l’initiative pour la première édition dans l’est montréalais — un nouveau chapitre rassembleur pour la communauté.

Durant l’événement, les participants seront invités à parcourir des trajets de 2,5 km ou de 5 km, à amasser des fonds et à marcher en solidarité avec celles et ceux qui affrontent quotidiennement le froid, l’insécurité alimentaire et l’exclusion.

Dans l’Est, les marcheurs seront conviés à déambuler dans les rues de Montréal-Est et de PAT lors d’un parcours qui débutera à partir de l’édifice de l’organisme, situé au 35, avenue Marien. Les participants peuvent également créer leur propre marche hors site dans leur quartier, favorisant ainsi une mobilisation élargie à l’ensemble du territoire.

Plusieurs élus confirment leur soutien, incluant la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, qui depuis son élection en novembre dernier affirme vouloir s’attaquer à la question de l’itinérance en mettant en place un véritable « effort de guerre ». À ses côtés, plusieurs élus de l’Est soutiennent aussi la cause, dont Chantal Rouleau, députée de Pointe-aux-Trembles et ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Éric St-Pierre, député d’Honoré-Mercier, Mario Beaulieu, député de la Pointe-de-l’Île, Marc Tanguay, député de Lafontaine, Karine Boivin-Roy, députée d’Anjou–Louis-Riel, Christine Black, mairesse de l’arrondissement de Montréal-Nord et Denis Pelletier, maire de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, ainsi que Anne St-Laurent, mairesse de Montréal-Est.

Cet appui transversal, tant municipal que provincial et fédéral, reflète l’importance grandissante d’Action Secours Vie d’Espoir dans le tissu social de l’est montréalais et la reconnaissance de son rôle clé dans la lutte contre la précarité.

Il s’agit d’une occasion pour les gens qui se sentent touchés par l’enjeu de l’itinérance de prendre part à une action concrète pour aider les individus les plus vulnérables. En marchant en plein hiver, lorsque la température est souvent sous zéro degré Celsius, l’expérience permet de mieux comprendre le quotidien des personnes sans domicile.

« C’est une réalité qui est dure à expliquer, à montrer. Alors, je pense que ça peut faire du bien à notre communauté de se rassembler et de se rendre compte de ce qui se passe en ce moment », insiste le directeur général.

Il invite donc les personnes qui souhaitent participer à s’inscrire rapidement.

Au moment d’écrire ces lignes, sur son objectif d’amasser 40 000 $, l’organisme avait réussi à recueillir des dons totalisant plus de 12 175 $, un départ prometteur qui laisse entrevoir une mobilisation encore plus forte dans les prochaines semaines.