
Courtoisie ASVE
1 mai 2026Action Secours Vie d’Espoir lance le mois des petits déjeuners
Pour soutenir son programme de distribution de petits déjeuners dans les écoles, Action Secours Vie d’Espoir (ASVE) lance en mai une série d’activités de sensibilisation et de collecte de fonds. L’objectif est clair : permettre au programme de prendre de l’ampleur, dans un contexte où l’insécurité alimentaire touche de plus en plus de familles… et de plus en plus d’enfants.
Seul organisme entièrement dédié à l’aide alimentaire à Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est, Action Secours Vie d’Espoir déploie aujourd’hui plusieurs initiatives pour accompagner la communauté — de l’aide directe jusqu’au référencement — avec une présence de plus en plus essentielle sur le terrain.
Parmi ses services, les Petits déjeuners de l’espoir occupent une place à part. « C’est un programme dont on est très fiers », souligne d’entrée de jeu le directeur général, Peter Batos. Depuis 2006, l’organisme distribue des petits déjeuners dans plusieurs écoles de son territoire afin de soutenir concrètement la réussite des élèves.
Offerts sous forme de sacs de denrées, ces petits déjeuners permettent aux jeunes d’avoir l’énergie nécessaire pour commencer leur journée. Le service est gratuit, tant pour les écoles que pour les élèves, actuellement priorisés selon leur situation socio-économique.
Une demande qui ne cesse de croître
La croissance du programme est marquée. « La demande est en augmentation constante », indique Peter Batos.
Aujourd’hui, l’organisme dessert sept écoles et distribue près de 1 500 petits déjeuners chaque semaine. Depuis 2022, l’organisme est passé de 20 768 petits déjeuners servis à 51 590 petits déjeuners servis en 2025.
Cette évolution reflète malheureusement une réalité plus large… Selon Moisson Montréal, les organismes communautaires répondent désormais à plus d’un million de demandes d’aide alimentaire chaque mois. Une pression qui se fait directement sentir sur le terrain. « Les parents n’y arrivent plus. Les salaires n’ont pas suivi », explique le directeur général, évoquant la hausse du coût de la vie et la crise du logement.
Les enfants ne sont pas épargnés : plus d’un sur cinq vit dans un ménage en situation d’insécurité alimentaire, selon la Coalition pour une saine alimentation scolaire. Pour Peter Batos, l’enjeu dépasse largement les chiffres. « Dans une société comme la nôtre, ça ne devrait même pas être une question. Si un enfant n’a pas accès à un déjeuner avant d’aller à l’école, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas », affirme-t-il.

Un programme essentiel, mais fragile
Malgré son impact, le programme des petits déjeuners demeure le seul à répondre, même partiellement, aux besoins alimentaires des élèves de Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est.
« C’est préoccupant, parce qu’on parle d’un programme qui pourrait disparaître du jour au lendemain si on n’est pas capable de le soutenir », prévient Peter Batos.
Un mois pour mobiliser la communauté
C’est dans ce contexte que l’ASVE lance le mois des petits déjeuners.
L’initiative vise à mieux faire connaître le programme, mais surtout à mobiliser la communauté autour d’un enjeu qui concerne l’ensemble du milieu. « On veut que les gens comprennent ce qui se passe sur le terrain », souligne le directeur général. « Et surtout qu’ils voient qu’ils peuvent faire une différence. »
Tout au long du mois de mai, différentes activités seront proposées, dont un encan en ligne, des présences sur le terrain, des séances d’information et le souper aux homards Desjardins, prévu le 29 mai à l’aréna Rodrigue-Gilbert. « Ça peut être un don, du bénévolat, ou simplement en parler autour de soi. Chaque geste compte », rappelle M. Batos.
Aller plus loin
Les fonds amassés serviront directement au programme. « Plus on a de moyens, plus on peut aider », clame Peter Batos.
Actuellement, l’organisme doit limiter son intervention à certaines écoles faute de ressources suffisantes.
À plus long terme, l’objectif est ambitieux : desservir l’ensemble des écoles du territoire.
Vers un programme universel
Action Secours Vie d’Espoir souhaite également rendre son programme accessible à tous les élèves, et non seulement à ceux identifiés comme étant les plus vulnérables.
Un projet pilote en ce sens est déjà entamé à l’école Saint-Octave, où des petits déjeuners ont été offerts à l’ensemble des élèves. Une collaboration plus étroite avec la commission scolaire est déjà en place pour l’année scolaire 2026-2027.
Pour Peter Batos, cette approche permet non seulement de répondre à une réalité de plus en plus répandue, mais aussi d’éviter toute forme de stigmatisation. « Aujourd’hui, avoir un emploi ne garantit plus qu’un enfant mange à sa faim. Les seuils qu’on utilise ne reflètent plus la réalité », souligne-t-il.
Offrir un accès universel permettrait donc de mieux répondre aux besoins… tout en assurant une égalité réelle entre les élèves.







