Photo courtoisie CCHM

À la CCHM, « cultiver la société de demain » passe par les partenariats, l’inclusion et l’action collective

Le jeudi 17 septembre, la Fondation de la Cuisine Collective Hochelaga-Maisonneuve (CCHM) tiendra la 2e édition de son événement-bénéfice annuel, une soirée qui se veut à la fois gastronomique, rassembleuse et porteuse d’une réflexion sur la société de demain.

Pour son directeur général, Benoist de Peyrelongue, l’objectif dépasse largement la collecte de fonds : il s’agit de créer des liens, pour soutenir les capacités de l’organisation à contribuer à un écosystème collectif dans l’est de Montréal.

Sous le thème « Cultiver la société de demain », dans cette deuxième édition, la CCHM célèbre ses 40 ans. Après un premier événement qui lui a permis de mesurer la force de son réseau de partenaires, l’organisation souhaite maintenant faire grandir cette soirée et multiplier les retombées qui pourront en découler.

« La qualité de notre premier événement a beaucoup fait parler, celui de cette année va vraiment surprendre», résume Benoist de Peyrelongue, qui voit dans cette deuxième édition l’occasion de faire vivre une expérience renouvelée aux partenaires de la CCHM, notamment grâce au lieu, le Technopôle Angus, offert en collaboration avec la Société de développement Angus, et aux nouveautés prévues pendant la soirée.

Un événement pour cultiver des liens

Le thème de la soirée n’a pas été choisi au hasard. Pour Benoist de Peyrelongue, « cultiver » ne renvoie pas uniquement au travail de la terre, même si l’agriculture occupe une place importante dans les activités de la CCHM. « On cultive des terres, mais on cultive aussi une pratique de renforcement collectif, on soutient des humains dans leur parcours de vie. »

L’idée est également de développer le pouvoir d’agir collectif en réunissant des acteurs qui ne se côtoient pas nécessairement dans leur quotidien. La soirée rassemblera ainsi des représentants de l’économie sociale, du milieu communautaire et de l’insertion socioprofessionnelle, mais aussi des dirigeants de grandes entreprises.

Pour M. de Peyrelongue, cette mixité constitue l’une des grandes forces de l’événement. Il compare d’ailleurs cette dynamique à celle d’une cuisine collective : on y réunit des personnes différentes pour qu’elles puissent travailler ensemble. « Ce sera une expérience humaine, gustative, culinaire et surtout collective », résume-t-il.

L’événement permettra également de mettre en valeur les produits et les services développés par la CCHM. L’objectif est de faire découvrir l’organisation autrement qu’à travers une demande de don. Une entreprise qui assiste à la soirée peut devenir par la suite cliente du service de traiteur, acheter des produits de la ferme ou de la bocalerie, installer une machine distributrice de plats préparés dans ses locaux ou encore mobiliser ses employés dans des activités de bénévolat.

Pour vous procurer des billets de l’événement-bénéfice, suivez le lien en cliquant sur l’image ci-haut

Au-delà du don, créer des partenariats durables

C’est l’une des principales leçons que la CCHM a tirées de la première édition de sa soirée-bénéfice. L’événement de 2025 a permis de constater que de nombreux partenaires souhaitaient non seulement soutenir l’organisation, mais également travailler avec elle et entre eux.

« On a consolidé l’attachement de la communauté à nos actions et sommes très fiers de constater cette volonté d’engagement collectif à faire avancer les choses », affirme Benoist de Peyrelongue.

Les retombées peuvent donc prendre plusieurs formes. Cinq entreprises disposent déjà de machines distributrices de plats cuisinés de la CCHM dans leurs installations. Les employés y achètent les repas au juste prix, ce qui contribue notamment à rendre possible une tarification sociale pour les plats livrés aux personnes âgées à domicile.

L’organisme a également dépassé les 400 bénévoles l’an dernier. Pour le directeur général, ces participations représentent davantage que du simple bénévolat : elles permettent aux employés d’entreprises de vivre une expérience de groupe, de renforcer leur cohésion et de découvrir concrètement le travail réalisé par les participants et les équipes de la CCHM.

« Ce n’est pas juste d’aller collecter de l’argent, c’est de créer des liens afin que les gens se mobilisent auprès de nous », explique-t-il. « Au quotidien, nous offrons des produits et des services de qualité au juste prix qui peuvent répondre aux besoins des entreprises par des achats utiles et responsables tout en finançant notre mission de soutien auprès des plus précaires. »

Des revenus qui permettent de passer à l’action

La philanthropie demeure néanmoins essentielle pour une organisation dont les besoins peuvent être considérables. La CCHM fonctionne sur trois piliers financiers : les subventions, les revenus autogérés et la philanthropie. Les événements-bénéfices permettent de consolider le troisième, mais aussi de générer les relations qui peuvent alimenter les deux autres.

Des exemples donnés par Benoist de Peyrelongue illustrent l’ampleur des projets auxquels ces ressources peuvent contribuer. Un repas produit en cuisine collective coûte environ 70 ¢. Un don de 500 $ ou de 1 000 $ peut donc rapidement se traduire par plusieurs centaines ou milliers de repas.

À une autre échelle, un parcours en insertion socioprofessionnelle, avec des ressources sur huit mois en pré-employabilité et un accompagnement de suivi avec l’entreprise d’accueil représente un coût d’environ 12 000 $. Un camion réfrigéré neuf, destiné notamment aux activités de distribution, coûte environ 150 000 $, tandis qu’une nouvelle parcelle de terrain agricole en zone urbaine peut représenter une dépense pour l’organisme de 80 000 $ à 90 000 $ sur deux ans.

Les fonds recueillis servent donc autant à répondre à des besoins immédiats qu’à développer les infrastructures et les activités de l’organisation. Ils peuvent également contribuer à améliorer les conditions de travail des quelque 45 employés de la CCHM, un enjeu que Benoist de Peyrelongue considère comme essentiel pour permettre à l’organisation de se projeter dans la durée, particulièrement dans un contexte où depuis trop longtemps, le financement à la mission ne semble pas une grande priorité.

Un enjeu d’inclusion au cœur de la soirée

Parmi les moments forts de l’événement du 17 septembre, une discussion réunira le chef exécutif et le directeur général du Sofitel autour d’une question particulièrement concrète : « comment s’adapter et s’ajuster dans le milieu de travail lorsqu’un employé voit l’handicap arriver dans sa vie? »

Benoist de Peyrelongue (photo archives EMM)

Pour Benoist de Peyrelongue, cette question illustre parfaitement l’évolution nécessaire de la notion d’adaptation. Il ne s’agit plus seulement d’installer une rampe ou de modifier physiquement un bâtiment. « On ne parle pas de mécanique. On parle d’inclusion, on parle d’ouvrir les œillères, de changer des pratiques », explique-t-il.

Le témoignage du chef exécutif, Olivier Perret, permettra justement de montrer cette réalité de l’intérieur. Confronté à une importante perte de vision, celui-ci a dû repenser sa façon de travailler. Il explique que son métier est particulièrement visuel et dynamique, mais que la cuisine repose également sur d’autres sens.

« C’est un métier de goût, mais c’est aussi un métier visuel », témoigne-t-il. Malgré les difficultés, son retour au travail s’est construit progressivement, avec l’appui de son entourage et de son employeur.

Du côté de la direction du Sofitel, l’approche a été de laisser à l’employé le temps nécessaire pour accepter sa nouvelle réalité et déterminer ce qu’il pouvait encore accomplir. « Pour nous, ici à l’hôtel, c’était important de lui donner le temps », explique le directeur général du Sofitel, Marc Pichot. « Notre rôle, c’était juste de faciliter l’adaptation du milieu professionnel. »

Cette expérience rejoint directement la mission de la CCHM, qui accompagne des personnes vivant avec des handicaps, de la neurodivergence, des enjeux de santé mentale ou traversant simplement une période difficile dans leur parcours.

Une société de demain qui commence dans l’est

« Au-delà de l’événement lui-même, La CCHM porte, à son échelle et depuis de nombreuses années, des projets innovants, structurants et porteurs dans un territoire qui a besoin de beaucoup d’amour, d’investissements et de bonnes nouvelles : l’est de Montréal! », affirme le directeur général de la CCHM. Ainsi, les projets de l’organisme permettent aussi aux citoyens et aux entreprises de se réapproprier leur milieu autrement.

Pour Benoist De Peyrelongue, le développement de projets agricoles en insertion socioprofessionnelle sur des terres prêtées à long terme par de grandes entreprises, la mutualisation des ressources entre organismes pour mieux desservir un vaste territoire aux prises avec l’insécurité alimentaire, ainsi que l’engagement de grandes entreprises dans le déploiement d’emplois inclusifs sont autant d’exemples qui témoignent d’une autre façon de faire.

Celui-ci souhaite également que les organismes de l’est qui bénéficient des services de la CCHM puissent compter sur un écosystème suffisamment solide et pérenne. « Tout le monde, y compris La Cuisine collective, a besoin d’être rassuré sur notre capacité à tenir la distance », affirme-t-il.

Mettre les équipes au centre

Enfin, l’événement du 17 septembre sera aussi une occasion de remercier les employés et les participants qui font vivre la mission de la CCHM au quotidien. Pour Benoist de Peyrelongue, ces équipes exercent des métiers exigeants, que ce soit dans les champs, en sécurité alimentaire ou auprès des participants.

Car derrière les infrastructures, les partenariats et les sommes recueillies, le directeur général rappelle une réalité fondamentale : ce sont les équipes qui permettent à la mission de devenir concrète.

L’événement-bénéfice, ou de très grands chefs montréalais s’impliquent avec générosité, se présente ainsi comme bien plus qu’un cocktail dînatoire de financement. Il constitue une vitrine pour les personnes, les produits et les projets de la CCHM, un espace de rencontre entre des univers qui se côtoient rarement ainsi qu’un moyen de créer les conditions nécessaires à la poursuite de sa mission. En somme, une façon très concrète de « cultiver la société de demain »!