
Projet de plantation sur le site Glen du CUSM (Courtoisie de la Soverdi)
28 août 20267 500 arbres seront plantés pour verdir l’échangeur Anjou
Un vaste espace autoroutier changera bientôt de visage. Plus de 7 500 arbres seront plantés aux abords de l’échangeur Anjou, à la jonction des autoroutes 25 et 40, dans le cadre d’un projet de verdissement mené par la Société de verdissement du Montréal métropolitain (Soverdi), le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) et la Ville de Montréal.
Les premières plantations sont prévues à l’automne 2026, suivies d’une 2e phase à l’automne 2027. Le projet, évalué à 2 M$, vise 4 grandes zones situées sur des terrains appartenant au MTMD.

Simon Racine, directeur général de la Soverdi (Courtoisie)
Le site a été choisi parmi plusieurs échangeurs considérés comme prioritaires. « Il y avait une liste de quatre ou cinq échangeurs. Ils ont identifié celui-là précisément pour la première phase, pour son potentiel de verdissement, mais aussi parce que c’est central dans Montréal », explique Simon Racine, directeur général de la Soverdi. La proximité du secteur appelé à être desservi par le prolongement de la ligne bleue du métro a également pesé dans la décision.
Le financement provient principalement du MTMD et d’un entrepreneur privé, dans le cadre de mesures de compensation environnementale associées au chantier du nouveau pont de l’Île-aux-Tourtes. La Ville de Montréal contribue également au projet dans le cadre de ses fonds consacrés au verdissement, tandis qu’une contribution fédérale complète le financement.
Des arbres déjà bien établis
Tel que mentionné plus haut, la plantation ne sera pas réalisée en une seule phase. Ce calendrier s’explique notamment par la signature relativement tardive de l’entente, mais aussi par le temps nécessaire pour se procurer un aussi grand nombre d’arbres. La configuration complexe de l’échangeur a également incité la Soverdi à répartir les travaux en deux temps.
Et il ne s’agira pas de petits arbres, mais bien de végétaux de plus gros calibre, déjà âgés de plusieurs années. « Ils font au moins ma taille, alors ils comptent plusieurs années de croissance déjà », illustre Jessyca Farrugia, directrice des communications et du développement stratégique de la Soverdi.
Ce choix vise notamment à favoriser un taux de survie élevé. L’organisation suit déjà la survie des arbres dans ses autres projets et indique atteindre environ 95 % de survie après 3 ans dans certaines plantations réalisées à Montréal. Dans les conditions plus difficiles du présent échangeur, Simon Racine estime toutefois qu’une cible de 80 % à 95 % est plus réaliste.
Pendant les trois premières années, la Soverdi sera responsable de l’arrosage, du suivi et du remplacement des arbres qui ne survivront pas. Par la suite, l’entretien devrait revenir au MTMD, puisque les terrains lui appartiennent, bien que les modalités précises de cette future prise en charge restent à déterminer.

Jessyca Farrugia, directrice des communications et du développement stratégique de la Soverdi (Courtoisie)
Planter malgré vent, sel et sécheresse
Un échangeur autoroutier n’est pas un terrain de plantation ordinaire. Les équipes devront composer avec le relief, le drainage et les contraintes d’accès et de sécurité liées à la circulation, puis les arbres eux-mêmes feront face aux vents importants, au sel de déglaçage et à la sécheresse.
La sélection des végétaux a donc été adaptée aux conditions du site. 18 essences doivent être utilisées dans chaque zone, avec des arbres de différents déploiements et rythmes de croissance, ainsi que des conifères. L’objectif est de créer une plantation diversifiée et suffisamment résiliente pour faire face aux conditions urbaines et aux changements climatiques. Des concepteurs et des biologistes ont participé à déterminer quelles essences installer à quels endroits, en tenant compte notamment de l’importante exposition aux vents.
Les arbres seront aussi davantage concentrés vers le centre des espaces disponibles plutôt que directement au bord des routes. Cette disposition doit notamment réduire leur exposition au sel de déglaçage.
Un écran végétal aux multiples fonctions
Au-delà de l’ajout d’arbres à la canopée montréalaise, la plantation doit former, à terme, un écran végétal dense autour de l’échangeur, qui devrait contribuer à réduire certains effets associés à la présence des infrastructures routières, notamment le vent, la pollution et le bruit.
Il est toutefois trop tôt pour mesurer précisément les effets propres au site d’Anjou. « Dans le cas précis de l’échangeur, vu qu’on n’a pas encore planté, on ne peut pas faire d’avant-après, évidemment », reconnaît Mme Farrugia. Elle souligne néanmoins que les effets des écrans végétaux sont documentés dans la littérature scientifique.
La végétation doit aussi créer de nouveaux habitats pour la faune et la flore. À terme, la Soverdi, comme pour ses autres projets, prévoit suivre l’évolution de la canopée (un indicateur déjà mesuré régulièrement par la Ville de Montréal), ainsi que la survie des arbres et les effets sur la biodiversité.
Un potentiel qui dépasse l’échangeur Anjou
Pour la Soverdi, le projet constitue aussi une occasion de réfléchir au rôle des infrastructures routières dans le verdissement de Montréal. Ces espaces peuvent offrir des possibilités importantes, mais ils ne suffiront pas à combler à eux seuls le déficit de canopée, selon l’organisation.
« Les infrastructures routières peuvent représenter une solution, mais pas la seule solution », résume la directrice des communications et du développement stratégique. Mme Farrugia rappelle aussi que seulement 33 % des terrains montréalais sont municipaux, alors que le reste est principalement privé ou institutionnel, et que la Ville dispose de moins de leviers directs dans ces cas.
Les échangeurs et leurs abords demeurent néanmoins des espaces intéressants à végétaliser, qui pourraient produire des bénéfices pour les quartiers environnants, selon M. Racine.






