
L’arrondissement de RPP a organisé une fête de quartier pour célébrer ses 150 ruelles. (Photo : Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie)
25 septembre 2026150 ruelles vertes à RPP : une fierté collective, un milieu de vie bonifié
Rosemont–La Petite-Patrie (RPP) a célébré la semaine dernière ses 150 ruelles vertes, détenant le record du plus grand nombre parmi les arrondissements de Montréal. Une occasion de faire le point sur les bénéfices et les défis liés à ces aménagements urbains, tout en revenant sur l’approche adoptée par ce secteur de l’est.
Déjà, en 2009, RPP se trouvait parmi les premiers arrondissements à transformer certaines de ses ruelles en espaces verts. Après l’aménagement de cinq ruelles supplémentaires cet été, son territoire en compte désormais plus de 150.
Pour marquer l’occasion, l’arrondissement a convié la semaine dernière ses résidents à une fête dans la ruelle verte La mère Michèle, située entre l’avenue de Gaspé et la rue Alma.
« C’est un record dont on est très fiers », soutient d’emblée le maire d’arrondissement François Limoges, rencontré sur place, tout près des animations pour enfants déployées pour l’occasion.
Si RPP est l’arrondissement qui compte le plus de ruelles vertes à Montréal, c’est en partie grâce à une « volonté politique » estime l’élu, ces ruelles aménagées étant « au cœur de l’action [de l’arrondissement] depuis plus d’une décennie ».
Pour Mélissa Le Guerrier, coordonnatrice à l’Éco-quartier de RPP, ce dynamisme s’explique également par une importante mobilisation citoyenne, alors que les ruelles vertes sont d’abord à l’initiative des résidents. Mais aussi par la configuration du secteur, qui compte un nombre particulièrement élevé de ruelles.
Un milieu de vie de qualité
Transformées en espaces conviviaux, embellis et sécurisés, les ruelles vertes sont reconnues pour améliorer grandement la qualité de vie des résidents et des passants.
Les parents rencontrés apprécient de pouvoir laisser leurs enfants déambuler en toute sécurité, alors que le transit des véhicules est interrompu dans ces ruelles. « À chaque soir on fait un tour de ruelle à vélo pour que [mes enfants] se pratiquent », rapporte Marie-Philippe, qui participait à la fête de l’arrondissement.

Une exposition de photos de ruelles a été installée à l’occasion des célébrations. (Photo : Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie)
Les ruelles vertes deviennent également des espaces de sociabilisation, alors que les aménagements encouragent les voisins à sortir de chez eux et à organiser des activités ensemble. « Tous les ans, on fait un barbecue, une épluchette de blé d’Inde, un grand nettoyage et des plantations », raconte Giovanni, un père de famille qui habite le quartier.
« Avant on disait toujours qu’à la campagne, tout le monde se connaît, et qu’en ville, les gens sont indifférents. Mais ce n’est plus vrai, aujourd’hui, tout le monde se connaît grâce aux ruelles vertes », se réjouit le maire.
Enfin, ces ruelles sont avantageuses sur le plan environnemental, en favorisant la biodiversité, l’agriculture urbaine et en réduisant les îlots de chaleur, selon le Regroupement des éco-quartiers.
« J’aimerais que ce modèle puisse être reproduit à plus d’endroits à Montréal », soutient Marianne Renauld Robitaille, responsable du rayonnement et du service aux membres au Regroupement des éco-quartiers, au vu des nombreux bénéfices que ces projets amènent à la communauté.
Un investissement de temps
Le processus de verdissement d’une ruelle repose en grande partie sur les résidents, à qui il revient de s’organiser pour présenter une demande. Un minimum de cinq personnes doit former un comité, qui sera chargé de contacter son éco-quartier, d’effectuer un sondage auprès de l’ensemble des résidents de la ruelle et de remplir les formulaires de candidature. Le tout avec le soutien de l’éco-quartier et de l’arrondissement.
Mélissa Le Guerrier reconnaît que ce processus représente une charge de travail importante et qu’il peut constituer un frein à l’aménagement d’une ruelle verte. « C’est sûr que ça demande du temps, du leadership et de l’entre-gens ». Ce sont malgré tout cinq à dix dossiers, pour autant de ruelles, qui sont présentés chaque année à l’arrondissement, témoignant de la motivation des résidents de RPP.
Cette démarche, qui se veut démocratique et inclusive, demeure indispensable au succès des ruelles vertes, selon Marianne Renauld Robitaille. « Les ruelles sont un territoire intime, on veut que les citoyens s’approprient leur espace, donc c’est important que ça vienne d’eux. Et puis personne ne connaît mieux le milieu qu’eux », fait-elle valoir.
Une fois la ruelle aménagée, les résidents sont responsables de l’entretien de ses végétaux, de sa sécurité ou encore de son animation. Les tâches sont généralement réparties entre les voisins, en plus du comité qui continue d’impulser des initiatives.
« On voit que dans les premières années, l’entretien se fait quand même très bien », observe Mélissa Le Guerrier. Le défi arrive plutôt dans les années suivantes, alors que la mobilisation des résidents peut parfois s’essouffler en raison des déménagements ou des enfants qui grandissent.
« Avant on arrivait parfois à mobiliser 20 ou 30 personnes pour une activité dans la ruelle. Maintenant, c’est un peu plus difficile, on est autour d’une dizaine », rapporte Giovanni, qui témoigne des efforts de son comité pour garder la ruelle animée.
Un modèle à suivre ?
L’arrondissement de RPP ne compte pas s’arrêter à 150 ruelles vertes, et nous fait part de sa volonté de continuer à en construire de nouvelles.
La mairie sélectionne chaque année cinq ruelles à aménager et réserve une enveloppe de 300 000$ pour l’ensemble des projets liés aux ruelles vertes.
Un nouveau programme a également été lancé pour bonifier les ruelles vertes existantes. « On va verdir encore plus », annonce M. Limoges.






